Grossesse extra-utérine

Grossesse extra-utérine ; un mot qui fait peur. A juste titre car non détectées à temps, elle a de très graves conséquences sur la femme et son fœtus. Première cause de mortalité de la femme enceinte dans les pays développés, elle touche chaque année en France environ 15000 femmes ; ce qui représente quand même 2 % des grossesses.

Qu’est ce que la Grossesse extra-utérine ?

Dans une grossesse normale l’utérus sert de nid à l’œuf. Celui-ci après avoir été créé par la fécondation de l’ovule par le spermatozoïde à l’intérieur de la trompe de Fallope, doit redescendre dans l’utérus pour la nidification. Si cette descente ne s’effectue pas l’œuf reste dans la trompe ou très rarement sur un ovaire, sur le col de l’utérus ou dans l’abdomen. La trompe n’étant pas prévue pour le développement embryonnaire, de par sa taille et sa composition, l’œuf va très vite exercer un pression importante sur les parois.

Les symptômes

Une grossesse normale n’est pas une pathologie. Mais elle engendre un certain nombre de désagréments, de saignements, voir de douleurs. Dans le cas d’une GEU il en est de même, sauf en ce qui concerne les saignements qui sont en général de couleur noirâtre ou brunâtre et interviennent au bout de quatre à six semaines. Les douleurs pelviennes latéralisées peuvent irradier jusqu’au haut du corps. Une première analyse symptomatique peu induire à penser à une appendicite, voir à une fausse couche. En définitive il est souvent difficile de se baser sur les symptômes pour établir le diagnostic.

Le diagnostic

Seul le médecin dispose des connaissances et des outils pour détecter la grossesse extra-utérine.
Le touché vaginal, douloureux met en évidence une grosseur à l’extérieur de l’utérus. L’échographie confirme très rapidement le diagnostic en montrant un utérus vide. Une analyse du taux de beta HCG (marqueur de la grossesse et de son évolution) complète le bilan.

Les risques

La GEU est une urgence vitale car en cas de rupture de la trompe il se produit une hémorragie extrêmement importante avec une chute des fonctions vitales très rapide. Le terme médical est « cataclysmique » ! Il va de soit que dans ce cas de figure l’intervention chirurgicale est indispensable et s’effectue en urgence.

Les traitements

Deux choix s’offrent au praticien face à une grossesse extra-utérine :
Le traitement chirurgical est majoritairement privilégié. Il consiste en une ablation de la trompe abimée, sauf s’il s’agit d’une grossesse sur ovaire ou dans l’abdomen. Auquel cas la trompe est conservée intacte et on procède par coeliochirurgie avec aspiration de la grossesse.
Le traitement médicamenteux par injection de méthotrexate sous cœlioscopie engendrant la nécrose de l’œuf est privilégié par certains praticiens, avec suivit échographique. Il est à noter que des cas très rares des remissions peuvent être observées. Mais ils ne doivent pas inciter le praticien à sursoir au traitement.

Les conséquences

S’il n’y a pas eut d’hémorragie « cataclysmique », le pronostic est très favorable à la patiente. Il est important d’expliquer à la femme enceinte et à son entourage que la grossesse extra-utérine n’induit pas la stérilité. En moyenne dans 60% des cas de GEU, la femme est de nouveau enceinte dans les deux années qui suivent. Il va de soit que ces patientes doivent recevoir une attention particulière tant que la grossesse intra-utérine n’est pas établie. Quoi qu’il en soit la sagesse préconise d’attendre la cicatrisation complète avant d’envisager une nouvelle grossesse.

  • Les causes et facteurs de risques.
  • Les causes qui peuvent provoquer une GEU sont encore en débat et pas toutes identifiées. Pourtant un certain nombre de facteurs de risques ont été détectés.
  • Le port du stérilet.
  • Des antécédents familiaux d’exposition au distilbène.
  • La répétition des IVG, qui fragilise l’appareil reproducteur de la femme.
  • Des antécédents personnels de MST, de curetages répétitifs.
  • Une séquelle de maladie ou une malformation congénitale des trompes.
  • La PMA.
  • Le tabagisme.

Par contre pour l’instant rien ne prouve un quelconque lien entre un GEU d’une mère et celui éventuel de sa fille.

La prévention.

La survenue éventuelle d’une grossesse extra-utérine est totalement aléatoire et imprévisible. La seule prévention qui vaille consiste à supprimer ou à minima réduire les facteurs de risques. Si les facteurs de risques sont établis, le suivi de la grossesse doit être particulièrement surveillé ; et ce tant que la position intra-utérine de l’œuf n’est pas établie.